Eluveitie-Inis Mona

Un petit encart en pleine Guerre des Gaules pour faire place au dernier clip "Inis Mona" du meilleur groupe de death celtic metal: Eluveitie, dont le dernier album, Slania, vient juste de sortir. Après l'excellent "Spirit", les helvètes reviennent en puissance avec toujours le même état d'esprit: associer le traditionnel celtique avec le métal.

# Posté le lundi 18 février 2008 17:34

Les Gaulois (suite)

Voyons tout d'abord le contexte politique: la Guerre des Gaules n'est l'affrontement général des Gaulois contre César et Rome comme nous l'avons déjà dit. Au début du Ier siècle, la République romaine possède déjà une partie du territoire gaulois: le sud, qui s'appelle alors "la Province" et qui deviendra la Narbonnaise après la "Conquête", et qui correspond en gros au Languedoc, Provence-Alpes-Côtes d'Azur, ainsi que la "Gaule Cisalpine" dans les environs de l'actuelle Savoie. Rome possède également plusieurs alliances avec des peuples gaulois, comme les Rèmes en Champagne, qui sont considérés soit comme de simples alliés soit, c'est le cas pour les Rèmes, de peuples amis, titre conféré par le Sénat romain. Quand César arrive en Gaule avec ses légions, il n'arrive donc pas complètement en territoire ennemi.
Il entre d'ailleurs en Gaule indépendante, non pas de son propre chef, mais suite à la demande d'un peuple gaulois. En effet, les Helvètes, puissant peuple gaulois vivant dans l'actuelle Suisse, sont victimes des poussées germaniques à leurs frontières. Ils décident alors d'émigrer vers la façade atlantique, émigration qui sera générale et très organisée. La mission de César est alors de repousser les helvètes et de les maintenir dans leur territoire initial, ce qu'il réussira.C'est d'ailleurs à cette occasion, que César aborde l'écriture chez les peuples celtes: en effet, avant le départ, les Helvètes avaient inscrit sur des tablettes, dont il n'existe malheureusement aujourd'hui plus de traces, le nom de tous les migrants. Elles seront trouvées par les romains dans les chariots transports femmes, enfants, vieillards et matériels. En échange d'otages, pratique que César utilisera durant toute la Conquête et qui, apparemment l'était aussi par les gaulois eux-mêmes, il permet aux Helvètes de réintégrer leurs terres. Par la suite, enchainant les victoires, les romains réussirent à soumettre une bonne partie de la Gaule, dont les peuples armoricains avec plus ou moins de difficultés: la victoire contre les armoricains se jouant dans ce qui pourrait être la baie de Quiberon, contre le peuple Vénète, lors d'une bataille navale, où la flotte vénète faillit l'emporter . Fin 57, soit moins d'un an après l'entrée des troupes en Gaule indépendante, une grande partie des peuples gaulois semblent soumis à l'autorité romaine. Pourtant dès 56, des révoltes éclatent en Gaule contre l'armée romaine: les raisons nous sont souvent obscures, mais il est possible de proposer plusieurs explications: les lourdes taxes et tributs imposés par César, les abus de certaines légions vis à vis de la population et certainement une envie d'indépendance, qui correspond à l'image que César et d'autres auteurs classiques nous donnent des gaulois et des celtes en général: guerriers farouches mais désorganisés,découragés et désemparés dès que la victoire semble leur échapper mais reprenant espoir rapidement. Parmi les peuples révoltés, ceux que César nomme "Peuples de l'Océan", constitués en partie par ceux que nous appelons "armoricains" c'est à dire: les Osismes, les Vénètes, les Namnètes, les Redones et les Coriosolites.
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# Posté le mardi 05 février 2008 10:03

Modifié le dimanche 17 février 2008 08:30

Les Gaulois

Je tiens à rédiger cet article pour que tout le monde comprenne bien qui étaient ces peuples celtes et comment la perception actuelle est ce qu'elle est.

Tout d'abord, il est totalement faux de parler du "Peuple Gaulois", pure invention française des XVIIème, XVIIIème, XIXème et XXème siècles. De ce que nous savons sur eux, par l'archéologie et les textes antiques, les gaulois désignent non pas un peuple, encore moins une nation, mais un conglomérat de peuples ayant des racines et des cultures celtes communes. Ils semblent qu'ils se dénommaient eux mêmes "Gaulois", mais n'ont jamais eu la vision d'un peuple uni. Chaque tribu avait sa propre politique intérieure et extérieure, souvent largement dominée par un autre plus puissant, ou l'inverse.La seule unicité qui semblait les liés était une assemblée annuelle où se rencontraient druides et chefs, mais les celtes étant une culture où l'écriture n'était pas employée, à part quelques exceptions (qui feront l'objet d'un projet article sur les celtes et l'écriture),nous n'en connaissons pas le contenu. Les textes sur les Gaulois avant la 'Conquête romaine" de 50 avant notre ère sont rares et systématiquement critique vis à vis d'eux, les auteurs étant romains et grecs, les celtes étaient pour eux, un peuple "barbare" (qui n'a pas pour autant la signification totalement négative qu'on peut lui attribuer aujourd'hui: barbaros signifie pour un latin ou un grec dans l'Antiquité, celui justement qui n'est pas l'un des leurs.) comme il en existait des centaines à cette époque.
La "civilisation" celtique ne se définit donc pas comme une culture historique, mais protohistorique, c'est à dire à mi-chemin entre l'Histoire et la Préhistoire. On distingue en effet la Préhistoire de l'ère historique par l'invention de l'Ecriture. Les civilisations protohistoriques sont donc définit donc des cultures cotoyant d'autres civilisations utilisant couramment l'écriture. Ce qui ne signifie donc pas qu'elles mêmes ne la connaissaient pas, mais ne l'employaient pas ou très rarement pour des raisons qui nous sont connues ou inconnues.
Pour en revenir aux Gaulois et sur la diversité des peuple gaulois, deux sources essentielles peuvent nous guider, qui ont chacune leurs qualités et leurs défauts: l'archéologie et Jules César, le général romain auteur de la célèbre "Bellum Gallicum" (Guerre des Gaules). Cette ouvrage servit longtemps de base à l'archéologie, notamment avec Napoléon III, qui utilisa l'archéologie afin d'étayer les propos de César, avec plus ou moins de réussite. L'archéologie nous permet de connaitre les structures et parfois de vérifier les dires de César, et, avec les techniques modernes, de connaître une partie de la vie des Gaulois, sans jamais pour autant en connaitre tous les secrets. C'est donc une vision partielle. L'ouvrage de César nous permet de connaître une partie de la vie politique gauloise pendant la "Conquête", nous verrons que ce terme est sujet à caution, ainsi que certaines moeurs des gaulois. Le souci avec César, c'est qu'il se base dans ses descriptions sur les modèles romains qu'il connait (ainsi il nomme Mercure, Mars... les dieux gaulois semblant posséder les mêmes qualités, il en fait de même pour les bâtiments et les institutions gauloises). N'oublions pas non plus que la situation politique de César au milieu du Ier siècle de notre ère est critique à Rome, et que son ouvrage a un but de propagande politique pour exalter son talent militaire et politique face à ses adversaires, conflit qui se soldera par la Guerre civile romaine, qu'il remportera, se faisant ensuite élire dictateur.
La meilleure période d'étude des gaulois étant celle de la deuxième moitié du Ier siècle,du moins au niveau de la documentation écrite, les époques antérieures seront évoqués ultérieurement, cet article se basera sur cette période de la fin du second âge du fer, pour entrouvrir une fenêtre sur ce peuple si populaire dans ce pays et pourtant si mal connu.

# Posté le mercredi 30 janvier 2008 15:19

Modifié le mardi 05 février 2008 09:56

Lutte contre le plagiat

Après deux mois de non activité, le blog reprend du service, toujours dans un même but: informer sur l'histoire des différents peuples celtes aussi bien actuelles qu'anciennes. La plupart des articles et images viennent d'une seule source: l'auteur de ce blog. Néanmoins, d'autres viennent de sources externes. Dans un souci de transparence, et n'ayant pas le temps de revérifier chaque article, l'auteur vous demande de lui signaler dans les commentaires, tout article présentant un contenu provenant d'une source externe dans lequel la source extérieure n'est pas indiquée.

Trugarez bras d'avance.

Ar Falc'hon

P.S: il est bien entendu convenu que tout le contenu du blog peut être librement reproduit, la seule condition étant là aussi de citer la source d'origine.

# Posté le jeudi 29 novembre 2007 09:59

Dalc'homp soñj, Bretoned -Souvenons nous Bretons

Dalc’homp soñj, Bretoned -Souvenons nous Bretons
Le 11 novembre 1918 marqua la fin de la Première Guerre Mondiale qui fit au minimum 9 millions de morts, 120 000 sur le 1 million de morts, environs, de l'armée française étaient bretons, laissant aux veuves et aux mutilés la lourde charge de faire perdurer la vie en Bretagne.

Ne parlant pas souvent français à leurs arrivées sur les différents fronts charniers, bretons et gallos, sont bien envoyés en première ligne, l'alcool fourni en grande quantité aidant pour beaucoup à "galvaniser les troupes".. Qui en Bretagne n'a pas un grand père, un arrière grand père, qui y a laissé sa vie, en est revenu amputé, traumatisé, alcoolique? Les exemples sont légions. Dans ce véritable carnage humain, les soldats bretons ont participé globalement à toutes les batailles les plus violentes du conflit (Chemin des Dames, Verdun....). Globalement dans la mémoire collective actuelle, ces hommes sont considérés, y compris par l'état français, comme des héros se battant pour la mère patrie.. Mais officiellement, ne sont reconnus et célébrés que les soldats ayant obéis aux ordres, le plus souvent inutiles des officiers, sacrifiant parfois un millier d'hommes pour tenter de gagner un mètre de terrain, alors que les soldats savaient pertinemment que c'était impossible.

La mémoire officielle française n'aborde pratiquement jamais en revanche le cas des "mutins", que l'on a, jusqu'à une période récente, présentés comme des agitateurs politiques d'inspiration communiste et anarchiste voulant )à tout prix faire cesser le conflit. Ceci est exact pour une partie des mutins, dont la plupart furent fusillés sous la direction de Pétain en 1916-17. Mais tous les mutins n'avaient pas ces aspirations politiques, et il m'a paru utile de le démontrer par un exemple concret et réel: Armand L.G., soldat breton morbihannais. (ce n'est pas lui sur la photo).

Engagé comme deux autres de ses frères dans les plus grandes batailles du conflit, il essuya sans broncher les ordres absurdes et meurtriers de ses supérieurs. Mais en 1917, l'échec de l'assaut dirigé par le général Nivelle au Chemin des Dames et les ordres parvenant de retenter une offensive vouée également à un échec et à un carnage, mis le feu au poudre dans les rangs français. Armand comme ces camarades refusèrent de monter au front sachant pertinemment le sort qui les attendaient, mais ce n'était pas tant l'idée de mourir qui les repoussaient, c'était le fait de mourir pour rien. Pétain réprima cette mutinerie dans le sang en fusillant les meneurs. Armand et ses camarades eurent la vie sauve mais furent dégradés.

Armand eu la chance de s'en sortir vivant mais avec dans le corps plusieurs dizaines d'éclats d'obus. Comme n'importe quel ancien soldat de ce carnage, il méritait une reconnaissance nationale: l'état en décida autrement: il fut reconnut comme traitre et ne perçut jamais aucune pension militaire et d'invalidité. Il mourut dans les années 1930, avec l'image d'un traitre à sa patrie, alors qu'il avait servi ce qu'il croyait être son pays, de la même façon que les autres.

Pour ceux qui n'ont pas de pitié pour Armand et ces camarades ayant subit le même sort, ils sont légions, imaginez ce que ces hommes ont enduré et comment réagiriez vous si l'on vous ordonnait de mourir pour rien?

Et je n'aborde pas ici le nombre d'handicapés et d'alcooliques, gazés, amputés, que l'état français a lachement abandonné après le conflit: un exemple encore réel: à un soldat breton amputé du bras droit originaire du Morbihan, l'on proposa comme compensation un poste de... facteur à vélo...

Malgré une tentative de Jospin, il y a quelques années la politique française vis à vis des anciens poilus mutins n'a jamais été remise en question.

Alors Bretons souvenons nous de ceux qui se sont sacrifiés pour un pays qui leur a tourné le dos ensuite, souvenons nous de nos ainés.....

# Posté le jeudi 29 novembre 2007 09:49