Voyons tout d'abord le contexte politique: la Guerre des Gaules n'est l'affrontement général des Gaulois contre César et Rome comme nous l'avons déjà dit. Au début du Ier siècle, la République romaine possède déjà une partie du territoire gaulois: le sud, qui s'appelle alors "la Province" et qui deviendra la Narbonnaise après la "Conquête", et qui correspond en gros au Languedoc, Provence-Alpes-Côtes d'Azur, ainsi que la "Gaule Cisalpine" dans les environs de l'actuelle Savoie. Rome possède également plusieurs alliances avec des peuples gaulois, comme les Rèmes en Champagne, qui sont considérés soit comme de simples alliés soit, c'est le cas pour les Rèmes, de peuples amis, titre conféré par le Sénat romain. Quand César arrive en Gaule avec ses légions, il n'arrive donc pas complètement en territoire ennemi.
Il entre d'ailleurs en Gaule indépendante, non pas de son propre chef, mais suite à la demande d'un peuple gaulois. En effet, les Helvètes, puissant peuple gaulois vivant dans l'actuelle Suisse, sont victimes des poussées germaniques à leurs frontières. Ils décident alors d'émigrer vers la façade atlantique, émigration qui sera générale et très organisée. La mission de César est alors de repousser les helvètes et de les maintenir dans leur territoire initial, ce qu'il réussira.C'est d'ailleurs à cette occasion, que César aborde l'écriture chez les peuples celtes: en effet, avant le départ, les Helvètes avaient inscrit sur des tablettes, dont il n'existe malheureusement aujourd'hui plus de traces, le nom de tous les migrants. Elles seront trouvées par les romains dans les chariots transports femmes, enfants, vieillards et matériels. En échange d'otages, pratique que César utilisera durant toute la Conquête et qui, apparemment l'était aussi par les gaulois eux-mêmes, il permet aux Helvètes de réintégrer leurs terres. Par la suite, enchainant les victoires, les romains réussirent à soumettre une bonne partie de la Gaule, dont les peuples armoricains avec plus ou moins de difficultés: la victoire contre les armoricains se jouant dans ce qui pourrait être la baie de Quiberon, contre le peuple Vénète, lors d'une bataille navale, où la flotte vénète faillit l'emporter . Fin 57, soit moins d'un an après l'entrée des troupes en Gaule indépendante, une grande partie des peuples gaulois semblent soumis à l'autorité romaine. Pourtant dès 56, des révoltes éclatent en Gaule contre l'armée romaine: les raisons nous sont souvent obscures, mais il est possible de proposer plusieurs explications: les lourdes taxes et tributs imposés par César, les abus de certaines légions vis à vis de la population et certainement une envie d'indépendance, qui correspond à l'image que César et d'autres auteurs classiques nous donnent des gaulois et des celtes en général: guerriers farouches mais désorganisés,découragés et désemparés dès que la victoire semble leur échapper mais reprenant espoir rapidement. Parmi les peuples révoltés, ceux que César nomme "Peuples de l'Océan", constitués en partie par ceux que nous appelons "armoricains" c'est à dire: les Osismes, les Vénètes, les Namnètes, les Redones et les Coriosolites.